L’illustrateur Emiliano Ponzi a reçu de la part de la Society of Illustrators New York la médaille d’or de l’illustration pour la collection qu’il a réalisée. Cette dernière est une traduction italienne de l’œuvre de Charles Bukowski.

Petite interview donc avec le Usain Bolt de l’illustration, afin de savoir ce qui lui a valu cette distinction. La direction artistique de cette collection a ét é réalisée par Cristiano Guerri. Un teaser a également été réalisé pour l’occasion, par les soins de Feltrinelli Editore.

Booketing : Pouvez-vous me dire quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce projet ?

Emiliano Ponzi : J’ai étudié ! Pour appréhender un aussi grand auteur que Charles Bukowski, il était fondamental d’en savoir plus sur son environnement. Pas simplement ses ouvrages, mais surtout sa façon de vivre, les lieux qu’il fréquente, comment était la Californie pendant ces années là. Tout cela parce que la majeure partie de ses écrits s’inspirent directement de son vécu. J’ai regardé beaucoup d’interview, et de nombreuses photos sur le web et dans des livres, mon inspiration était aussi dans sa voix, pendant des lectures, des conférences et des documentaires. J’ai fait un résumé de tout ce que j’ai pu ressentir pour chaque bouquin sur papier. Pour aborder les couleurs et pour décider de la “température” des images, j’ai beaucoup été aidé en regardant des photos des années 60 et 70, avec des bords de travers et des points de couleurs éparpillées sur toute la surface.

B : Quel était le brief de Feltrinelli ?

EP : Comme il s’agit d’une collection (j’ai illustré l’ensemble des ouvrages  de Bukowski), nous avons décidé avec le directeur artistique que le personnage principal des livres soit présent sur toutes les couvertures de la série, fidèle à sa façon d’être dans le récit, à savoir, ses comportements, la façon dont il aborde les femmes, la relation destructrice qu’il entretien avec l’alcool… Le DA et l’éditeur m’ont dans un premier temps laissé carte blanche pour le contenu. Je suis arrivé avec deux ou trois ides pour chaque livre et nous avons homogénéisé l’ensemble. Le plus dur a été de jauger du juste niveau d' »explicité » à dévoiler. Est ce que ce ne serait pas trop pour le public en terme de nudité, de présence d’alcool, de contenu sexuel ? Comment pouvions nous préserver le génie de l’auteur sans le banaliser ou, au contraire, en risquant de créer des couvertures porno ?

B : En quoi d’après-vous vos visuels sont cohérents par rapport aux romans ?

EP : Je pense que les couvertures sont tout à fait fidèles au contenu des ouvrages. En parcourant les pages, les lecteurs trouverons exactement ce que la couverture promettait.

 

Categories: Collection

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